Villeneuvette PDF Imprimer Envoyer

autel2Brève histoire de l'église de Villeneuvette.

Bel exemple d’oecuménisme – peut-être un peu forcé ! – la première chapelle de Villeneuvette a été bâtie par les bourgeois clermontais protestants qui avaient fondé la Manufacture en 1674.

Elle a été « vérifiée » en 1678 par le Prieur de Clermont. D’après la description fournie par Suzanne Diffre, c’était un bâtiment de 7 m x 15 m orienté à l’Est ; des observations architecturales nous font penser que c’est la première travée de l’église actuelle ; elle était  ornée d’un clocheton, peut-être celui qui y est encore.

En 1740, l’édifice a été agrandi comme on le voit aujourd’hui par Guillaume IV Castanier d’Auriac, le premier manufacturier catholique de Villeneuvette.

Après la Révolution, la manufacture devint la propriété de la famille Maistre jusqu’à l’arrêt définitif en 1954.

En 1870, Jules Maistre fit décorer l’église par un peintre religieux célèbre, Jacques Pauthe, qui avait, entre autres, décoré l’intégralité de la cathédrale de Perpignan. Il lui demanda d’exprimer par ses peintures murales la philosophie paternaliste de chrétiens d’avant-garde de sa famille (son grand-père avait créé la première société de secours de France en 1818). On lit dans le médaillon central du choeur « Dieu bénit le travail ». On voit l’archange Saint Michel terrassant non seulement quelques dragons, mais aussi (c’est marqué sur phylactères) le matérialisme et l’athéisme, conformément à ce qu’il est dit dans le célèbre « Syllabus » du pape de l’époque, Pie IX.

 

Privée, l’église a échappé à la nationalisation lors de la séparation des églises et de l’Etat en 1905. Mais, après l’arrêt de l’activité de la manufacture en 1954, faute de revenus industriels, elle n’était plus bien entretenue ; graves dégradations des peintures sous l’effet de l’humidité. En 1994, les héritiers Maistre se sont décidés à céder l’édifice à la municipalité pour le franc symbolique, sous réserve qu’elle reste consacrée au culte catholique romain.

En 1999, la municipalité prit des mesures d’urgence ; réfection complète du toit, avec subventions publiques et de l’association « Sauvegarde de l’Art Français » et commença la restauration des peintures. Ayant atteint les limites de son endettement, elle se fait aider depuis par les « Amis de Villeneuvette », qui ont offert 31 000 € de travaux entre 2005 et 2007 ; ils ont été aidés par une entreprise de charpenterie, qui a prêté un échafaudage de 10 m x 8 m pendant deux mois, par un peintre, qui a prêté un autre échafaudage plusieurs semaines, par un menuisier, qui a réparé la grande fenêtre gracieusement, par une équipe marocaine de maçonnerie, qui a réparé gracieusement les linteaux de la grande porte et de la grande fenêtre en disant que chrétiens et musulmans honoraient le même Dieu et que, musulmans pratiquants, ils nous offraient donc leur travail. La paroisse a tenu à contribuer au sauvetage des peintures murales de l’édifice municipal et a fourni un mobilier convenable : vermoulus, les anciens prie-Dieu aux noms des paroissiens s’effondraient sous les fidèles !

En 2009, la municipalité, avec l’aide la Communauté de Communes, a fait remettre aux normes toute la distribution électrique, datant de 1929, et mit en place un éclairage convenable, mettant en valeur les peintures ; elle a payé les fournitures, mais la main d’œuvre lui fut offerte ! Elle a pu restaurer les façades les plus dégradées, retrouvant les enduits XVIIIème et le réparant, grâce aux aides de la Communauté de Commune,s (15 000 €), du Conseil Général (15 000 €), de la Région (10 000 €) et à nouveau de « Sauvegarde de intrieurviergevilnvtl’Art Français » (10 000 €)

L’an prochain, si Dieu veut, les « Amis de Villeneuvette » offriront la restauration des peintures de la chapelle de la Vierge (35 000 €), avec une aide de la paroisse.

L’église de Villeneuvette a ainsi retrouvé vie, pour activités cultuelles bien sûr, mais aussi culturelles, dans le respect du lieu et sous l’autorité de Monsieur le Curé!

Rémy Bouteloup - Les Amis de Villeneuvette