Salasc PDF Imprimer Envoyer

 

salascDes trouvailles archéologiques indiquent que Salasc a des origines gallo-romaines (Olivier, Archéol. médiévale, 2007). L’église de Salasc, dépendante de l'évêché de Lodève, est mentionnée dans les textes dès le IXe siècle. Son vocable inchangé (Saint-Génès) conduit à la situer à l'emplacement de l'église paroissiale actuelle, même si les vestiges romans visibles ne sont pas antérieurs au XIIe siècle. Autour de ce très ancien lieu de culte, un noyau d’habitat a dû se constituer progressivement. En tout cas, l’importance du site ne fait aucun doute au XIe siècle, mais sans perchement à l’âge féodal, ce qui est une exception dans la vallée du Salagou et qui suggère une origine liée davantage au facteur religieux (éventuel enclos ecclésial, c'est-à-dire terre d'asile autour de l'église) qu’à l’autorité militaire (Schneider & Garcia, Carte archéol., 1998).

La présence d’eau a également dû favoriser l’agriculture : au XIIIe siècle, Salasc produit des céréales, du vin, des olives et des amandes, mais il y a aussi des jardins, avec des béals conduisant l’eau jusqu’au moulin à blé de l’évêque. Ce prélat possède également une part de la seigneurie, le four à pain et un pré. Ces structures seigneuriales et agricoles se perpétuent jusqu’au XVIIIe siècle (Olivier in Claveirole & Pélaquier, Le compoix…, 2001 ; Olivier, Et. Héraultaises, 1997-1998).

Vers la fin du XIIIe siècle, alors que l’évêque avait conclu un paréage (1209) avec le seigneur de Clermont (Taurand, Bull. du GREC, 2005), les alentours de l’église sont remaniés par la construction d’un rempart dont un tronçon crénelé non crépi reste visible (Olivier, Archéol. médiévale, 2007). Hors les murs, un faubourg se développe le long d’une très ancienne route. Plus tard, l’église Saint-Génès, également paroissiale pour les mas de Canet (commune de Mérifons) et de Roques, est agrandie dans un style gothique, avec changement d’orientation de la nef (de Dainville, Monspeliensia, 1935-1940). Elle subit encore des travaux, comme après la visite (1631) du très zélé évêque Plantavit de la Pause. Des fresques murales baroques découvertes il y a une vingtaine d'années rappellent cette période de catholicisme triomphant. La porte de l’église est alors déplacée et revêt un décor rocaille depuis 1770. Le clocher, surélevé au XIXe siècle, accueille déjà une horloge au XVIIIe (1731), même si le mécanisme actuel n'a été installé qu'en 1901 afin de mieux gérer le partage du temps d’arrosage (http://www.masdesterresrouges.asso.fr/). L’église était autrefois attenante au cimetière et au jardin du prieur, cette dernière parcelle ayant été aliénée à la Révolution avant d’être bâtie par des particuliers. Le cimetière a quant à lui été déplacé à l’extérieur du village (1909). Sur la place, le presbytère du milieu du XVIIe siècle se reconnaît à sa belle entrée surmontée d’une inscription latine. Après la Révolution, le logement du curé a été transféré dans le bâtiment communal rassemblant aussi l’ancien four seigneurial et la mairie (Olivier, Et. Héraultaises, 1997-1998 ; Jaudon & Olivier in Madeline & Moriceau, Bâtir dans les campagnes, 2007).

Sylvain OLIVIER